des riens

Mannequin, rue Adam, 2013.

 

«On ne sait pas ce qu’il faut, ou faudrait : du nombre revenant sous la monotonie, des emplois, du travail, le plein-emploi du temps et des signes, oui, bien sûr, tout cela d’abord et avant tout, mais en attendant, une sorte de rectitude dans la livraison des phrasés, et tout ce qu’on voit qui va dans ce sens, pour ne livrer qu’un sens nu, loin de tout patrimoine, à l’opposé de tout classement possible – toutes ces vitrines que les gens se font avec trois bibelots posés entre le rideau et la fenêtre, objets tournés vers la rue et par conséquent adressés au passant – un dauphin en verre surfant sur une vague bleue, une poupée créole, une pendule, un coquillage – très exactement ce qu’on appelle des riens : mais à travers eux ce sans quoi une ville ne parlerait plus. Signes qui ne sont pas d’architecture mais qui sont indissociables du temps et du lieu qui les accordent, ces rues de courées toujours en brique, cet étalement horizontal de la forme qui est quand même une forme et qui a sa probité.»

– Bailly, Jean-Christophe.2013. La phrase urbaine. Coll. «Fiction et cie». Paris: Seuilp. 181.

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