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Toujours ce cadrage noir forçant le regard sur les plans qui accumulent les textures. Le premier interpelle par sa symétrie sur l’axe vertical. Trois barreaux de garde-corps divisent la surface en quatre parties en apparence égales. Un barreau plus large repose perpendiculairement sur ceux-ci. Dans la portion supérieure de l’image, deux frises torsadées – qui si elles étaient entières, auraient probablement la forme d’une esse – rappellent des hameçons appuyés sur leur courbure. Au deuxième plan, une ligne téléphonique, à en juger le calibre, traverse les crochets et met en évidence leur gorge. Elle fait écho aux trois fils électriques parallèles, plus bas, qui signe la moitié supérieure de la photographie. Le garde-corps est marqué d’une frise présentant deux cœurs superposés et symétrique, appuyés sur ce qui seraient les atriums gauches et droits. Des torsades à hauteur des ventricules. De chaque côté de ces cœurs, des volutes en « C ». Sur les câbles, derrière, la pluie ruissèle : ce doit être de même sur le feuillage qui compose le troisième plan. Le cœur est de fer forgé. Mais il est aussi à l’envers et dans l’eau. Le passage du temps le voue à la rouille.

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