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Côté ruelle, on découvre une plongée familière. Partant du bas du cadrage, le regard balaie une première volée de marches enneigées, se prend dans le garde-corps et glisse sur la main courante, décrivant une courbe prononcée vers la droite. Le quartier tournant bute sur le noyau, dont le bout circulaire est recouvert de neige, de telle sorte que le point blanc ainsi formé, couplé à la main courante servant d’appui à la main droite, forme un « i ». Jusqu’au palier, on devine l’axe d’une spirale entre les fentes des marches, après quoi on l’imagine s’enfoncer dans la terre gelée. C’est pourtant l’aplanissement du fer sur le papier qui laisse croire à un éloignement de l’axe : il n’y aurait qu’un tire bouchon rogné de quelques accents de rouille – une vis parmi d’autres qui maintient le quartier en place. Sous la courbure de l’escalier, dans le tiers gauche de la photographie, un arbuste tend ses branches vers une cour recouverte, en partie seulement, d’une blancheur coagulée. Dans le coin supérieur droit, un entassement de planches intouchées depuis la saison précédente – sinon par le film de neige qui le recouvre.

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