«13. Le radeau de la Méduse»

«Il y a une forme de plaisir certain à s’abandonner aux hasards des vagues et des vents. Quand tu fermes les yeux, au creux de ton lit aussi bien qu’allongé au bas de l’escalier de fer qui monte à ta chambre, les choses se croisent. Tu danses d’un siècle à l’autre, sur une jambe, une seule, puis sur l’autre, tour à tour. Tu vas d’une phrase ou d’un livre à l’autre, de continent en continent tu traverses les rues aussi bien que les pages du dernier roman que tu tiens à la main, comme la voile déchirée à jamais. Tu vogues vers le pôle croirais-tu. L’eau de la mer parchemine ta peau et le soleil cicatrise tes plaies. Ce n’est pas aujourd’hui que cédera la tête non plus que le reste, songeras-tu.»

LABINE, Marcel. 1987. «13. Le radeau de la Méduse» dans Papiers d’épidémie. Montréal: Les Herbes rouges, p. 77.

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